L E S F O N D E M E N T S 14 de l’État sans risquer de se laisser corrompre par lui. Le pouvoir de l’État n’est rien d’autre que le pouvoir du glaive, maintenu par la violence. Nous, cependant, sommes appelés à suivre la voie du Christ, qui triomphe du mal par le bien. Nous ne nous désintéressons pas pour autant de ce que fait le gouvernement. L’État permet au mieux de faire régner un ordre relatif de justice dans ce monde pécheur. Mais l’Église, en ambassade de la part de Dieu, rend présent l’ordre absolu de la justice : la justice du Royaume de Dieu.* L’Église portera témoignage devant l’État ; elle lui servira de conscience, l’aidera à distinguer le bien du mal et lui rappellera qu’il ne saurait outrepasser les limites de l’autorité que Dieu lui a attribuée. 13 Nous observons la voie de l’amour non-violent et du pardon inconditionnel. Il ne s’agit pas là d’un pacifisme indifférent ou d’une forme de lâcheté. Jésus nous appelle à être des messagers de paix, même au risque de la mort ou du déshonneur. L’opposition à la guerre n’en est que le premier niveau. Nous voulons instaurer une manière de vivre qui ôte toute justification à la guerre en triomphant de ses causes : l’injustice, la haine et la soif de posséder. Nous voulons faire en sorte que, par notre vie, advienne le règne de paix annoncé par les prophètes, qui transformera non seulement les individus, mais aussi l’ensemble des sociétés humaines et de la nature : * Eberhard Arnold, La révolution de Dieu (Discours et écrit 1915–1935, version française, 2011.) Mc 10,42–45 Rm 13,4 ; Ap 13 ; 1S 8 Rm 12,17–21 ; 13,8 1P 2,17 Jn 17,15–19 ; 2Co 5,17–20 1R 18,1–19 Ac 4,18–20 ; 22,22–29 Mt 14,1–12 Mt 6,14–15 He 10,32–39 Jc 3,13–4,12 Mi 4,1–5 ; Es 65,17–25 Os 2,18