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La famille

Des animaux domestiques pour les enfants ??

Le 24 octobre 2018 par

dog with child

« Maman, mes mains ont besoin de caresser à nouveau le lapin ».

Gwen a raison.

Heureusement, la mère de Gwen est d’accord avec elle. Mais beaucoup de mamans gémiront intérieurement, « Oui, tu parles ! Nous savons tous qui va finir par le nourrir ou nettoyer la cage. Peut-être quand elle sera plus âgée. Pas maintenant, pas encore. On ne peut déjà pas gérer notre maison de fous comme ça ! »

C’est un point de vue raisonnable, je suppose. Mais regardez-le sous d’autres angles. Que peuvent apporter les animaux de compagnie à notre famille ? Comment un animal de compagnie peut-il aider mon enfant ? Certains enfants doivent éviter certains animaux de compagnie en raison d’allergies, et l’hygiène a sa place, bien sûr, mais le personnel médical peut confirmer que les nourrissons ont besoin d’être exposés à des micro-organismes pour acquérir un système immunitaire sain. La proximité de la nature, des animaux, est inestimable pour les enfants. L’inestimable équivaut à la valeur intérieure.

Dans un monde où beaucoup d’adultes ne savent plus ce que signifient engagement, discipline ou responsabilité, rien de tel que les grattements insistants d’un cochon d’Inde exigeant d’être nourri, pour rappeler à l’enfant le sens de la constance !

Je ne me rappelle même plus combien d’animaux de compagnie nous avons eu, et vous rirez de toutes nos aventures. Nommer les animaux de compagnie était une saga en soi. À un moment donné, nos aînées se sont entichées de Les Misérables, alors naturellement les portées de chatons portaient des noms comme Éponine, Fantine et autres Jean Valjean. Les petits étaient plus enclins à choisir des noms comme Boulette...eh bien, celle-là c’était effectivement une boulette. Nous nous sommes beaucoup amusés à vendre chatons et chiots et nous sommes fait des amis de nombreux clients, avec pour résultat que nous entendons encore parler des progrès d’Olivier.

Mozart, le chat noir, s’entendait parfaitement avec Mèche, le border collie, jusqu’à partager la même gamelle d’eau. Il a même survécu à notre grand-père Hugo, presque aveugle, qui, un jour, s’assit par inadvertance sur lui, alors qu’il somnolait tranquillement allongé sur le canapé !

Puis vint « l’été de chiots », l’année où Mèche a eu les siens. Ne fallait-il pas que Tempête, le chiot, se prenne une piqûre d'abeille sur le museau, le jour où la famille qui devait l’acheter allait nous rendre visite (tout enflé qu’il était, ils l’ont quand même emmené, Dieu merci).

Je pourrais écrire un livre sur bien d’autres escapades. Certaines dont nous n’avons réussi à rire que plus tard – comme le matin où notre pasteur nous a rendu visite à l’improviste, a ouvert la porte et marché dans la crotte déposée là par le chiot Ouestie en pleine session d’entrainement à la propreté, tandis que mon mari apparaissait de l’autre côté, pelle à poussière à la main. Je n’ai jamais osé demander au pasteur ce qu’il pensait de notre foyer, et j’avais moi-même des doutes sur notre santé mentale – pourquoi donc avoir accepté de garder ce chiot pendant deux mois ?

Cependant, ce n’était pas encore notre dernier animal de compagnie. Vous voyez, je pense que les animaux peuvent aussi constituer une bonne introduction aux réalités de la vie et de la mort. Et comment expliquez-vous la mort à un enfant de quatre ans ? Si quelqu’un meurt et va au ciel, comment se fait-il qu’il est encore allongé ici, si complètement immobile ? Qu’est-ce qui fait que l’âme, qui incarne la vie, fait de quelqu’un ce qu’il est ?

Bien sûr, les animaux ne sont pas des êtres humains, mais ils peuvent pointer des vérités, des réalités, qui sont mieux comprises vécues qu’expliquées. Je me souviens de la fois où notre cochon d’Inde a mis bas dans le salon. Nous ne sommes pas intervenus – nous avons tranquillement déplacé le centre de l’action familiale loin de la cage de maman cochon d'Inde, pour lui offrir un peu de paix. Elle a donné naissance à trois bébés, parfaites miniatures de leur mère. Contrairement aux bébés lapins – ces petites choses roses et nues qu’on a envie d’éviter pendant dix jours – les cochons d’Inde naissent vêtus de pied en cap et prêts à courir.

Et ceux-là aussi, sauf que, oh mon Dieu !, l’un d’eux était mort-né. Il avait l’air aussi parfait que les autres, avec ses poils longs et soyeux, des oreilles et des griffes parfaitement formées, rien ne manquait. Rien, enfin, sauf que lui manquait cette chose très importante, le souffle de vie, que seul le Créateur peut donner. Je n’arrêtais pas de regarder ce troisième cochon d’Inde. Les enfants avaient les larmes aux yeux, et une autre tombe à animaux fut donc creusée, bordée d’herbe sous le cerisier d’hiver en fleurs dans le Jardin d’Amis, mais la merveille de la vie, l’énigme de la mort et la dépendance à Dieu pour le miracle de la vie s’en trouvèrent gravées de façon indélébile dans tous les cœurs.

Plus sérieusement, c’est un fait que, dans notre société, d’innombrables jeunes de seize ans finissent par devoir s’occuper d’un bébé, l’une des créatures néonatales les plus dépendantes et sans défense. Je suis allé à l’hôpital et observé des infirmières qui essayaient d’enseigner les rudiments des soins à une nouvelle mère adolescente : comment changer son nouveau-né, comment le nourrir. Je prie pour ces bébés et je prie pour ces mères. Je ne peux m’empêcher de penser que, s’ils avaient eu l’expérience de prendre soin et d’aimer une créature vivante – quelle qu’elle soit, même le plus petit animal domestique – ils seraient mieux préparés pour la ronde interminable des nuits sans sommeil, des nuits passées à changer des couches, entre autres joyeusetés et calamités que leur réserve les enfants affamés auxquels ils vont être confrontés.

Donc oui, au bout du compte, je préconise toujours d’avoir des animaux de compagnie. Si c’était du travail ? Bien sûr que oui. Mais ça en valait la peine, et je le referais ! Jetez un coup d’œil à cette photo datant de ces années avec les enfants, si vous avez des doutes. À tous les parents qui choisissent de faire de même, qu’ils éveillent chez votre enfant le respect et l’émerveillement pour le grand miracle de la vie et son mystère.

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